Return to Monkey Island est enfin sorti, et je peux vous dire que je l’attendais beaucoup. Voici tout de suite mon expérience, entre pirates et bananes !

Return to Monkey Island

Return to Monkey Island, un jeu qui donne la banane ?

Vous savez pourquoi j’aime le jeu vidéo ? Pour vivre une aventure. Bien entendu, le média a profondément changé. Depuis les jeux d’aventure textuelle sur Apple II en 1980, aux Uncharted 4, HALO et autres God of War, un type de gameplay particulier a profondément marqué le genre : le point’n’click, où il faut littéralement… bah pointer et cliquer quoi ! Extrêmement populaire du milieu des années 80 au milieu des 90’s et porté par des noms comme Day of the Tentacle, King’s Quest ou Monkey Island, le point’n’click d’antan à plus ou moins disparu, laissant sa place à des héritiers tels que les Walking Dead de Telltale, plus direct avec peu d’énigmes.

Alors lorsque le 4 avril 2022, Ron Gilbert, le créateur même des 2 premiers Monkey Island (il n’a d’ailleurs pas participé aux 3, 4 et 5ème itérations de la licence) annonce Return to Monkey Island, un engouement chez les vieux gamers s’est fait ressentir. Promettant de revenir aux essences mêmes de la série qui avait un gout d’inachevée pour Ron et ses équipes, ce retour devient-il la pièce maitresse d’une série délaissée depuis 30 ans ?

Retour en Îles bien connues

Tout d’abord, il est important de noter que Ron a décidé de faire fi des versions sur lesquelles il n’a pas travaillé. On peut donc qualifier Return to Monkey Island comme le vrai numéro 3 de la licence. Et sans spoiler ? car des rebondissements se font dès le début du jeu, le voyage de notre bien-aimé loser Guybrush Threepwood, va l’amener à enfin découvrir le secret de Monkey Island. Au départ de la mythique île de Mêlée, notre protagoniste va redécouvrir de nombreux environnements déjà bien trop connus, mais aussi visiter quelques rares îles inédites. Beaucoup de plans sont repris d’anciens épisodes, parfois des personnages et souvent avec des clins d’œil évidents aux autres jeux, mettant un peu de côté les nouveaux venus.

Pour pallier ce manque, un petit résumé sous forme de livre est disponible dans le menu principal, même si les informations restent minimes, vous devez aller voir ce résumé pour avoir une base solide dans l’aventure. Une fois lancée, on se laisse bercer par l’univers loufoque, les habitants tous très charismatiques et très drôles, et surtout une très bonne écriture qui se vit comme une bonne séance cinéma, adoubé d’un humour britannique que j’affectionne particulièrement avec une pointe prononcée pour un humour sombre dans un univers coloré. Je n’ai pas pu décrocher du jeu et ai dévoré les 7 heures de ma première run en 2 sessions. Le point final va cependant diviser, je ne saurai en dire plus, mais oser une conclusion comme celle-ci, après tant d’années… Wow… Bravo… Je m’incline devant tant d’audace Mesdames et Messieurs !

Test de Return to Monkey Island

Point, Click, Repeat

Return to Monkey Island se dévore de deux manières. En effet, le choix vous est laissé de parcourir les Caraïbes en mode simple, ou non. Le mode facile proposera moins d’énigmes, moins de personnages avec qui discuter, et sera donc un périple plus direct. L’aventure complète se fera dans le mode de difficulté plus élevé, vous ouvrant des énigmes plus complexes, sans être insurmontables comme l’ont pu l’être certaines aventures d’autres point’n’click. Tous les secrets sont logiques, rien ne semble trop compliqué. Il suffit ainsi de discuter avec les gens autour de vous pour pousser votre réflexion et résoudre ce qui vous bloque. Comme dans les classiques jeux du genre, vous allez pouvoir mettre dans vos poches de nombreux objets qui vous ouvriront les portes du prochain niveau, en combinant ou utilisant ces objets sur des environnements du décor. Dans l’idée d’accélérer le rythme, une icône vous indique si votre objet est utile dans telle ou telle situation, ce qui évite de nombreux “je ne peux pas utiliser ça ici” ou encore de se faire une tendinite en essayant tout le contenu de nos poches sur tous les lieux visités.

Le jeu se veut plus vif et accrocheur que tout ce qu’on a pu vivre auparavant. Pour confirmer cette optique, 2 ajouts ont été implémentés. Un bloc-notes où notre héros recense tous les objectifs, ainsi qu’un livre ensorcelé qui peut nous donner des indices, voir la réponse, sur ce que l’on doit faire pour progresser dans l’aventure. On ne se retrouve jamais bloqué et de toutes façons, à l’air d’internet et de l’information rapide, ne pas mettre ces aides aurait été une erreur. Un petit mot rapide pour dire que le jeu est très bien adapté à la manette, les éléments des décors avec lesquels on peut interagir sont bien identifiés et la navigation est presque sans faille. Évidemment, le confort serait bien meilleur avec une souris ou sur un écran tactile pour le genre, mais adapter un point n’click sur console ne me semblait pas si évident.

Monkey Island de retour

Bière de racine et jambe de bois

Pour habiller cet univers auparavant en pixel art, les développeurs du jeu, Terrible Box, ont demandé à Rex Crowle, designer de Little Big Planet, de se charger du style graphique. Il en ressort quelque chose de vraiment unique, une sorte de mélange entre bande dessiné et art pop-up, pour un plus bel effet. Je sais que lors de la révélation, de nombreux fans ont été choqués par ce parti pris d’aller loin du pixel art, mais je salue une nouvelle fois l’idée et l’innovation pour ne pas se retrouver avec un énième copié-collé de ce qui a été fait précédemment.

Je n’ai pas l’attachement qu’ont de nombreux joueurs car j’ai fait les 2 premiers Monkey Island sur le tard, mais, en tant que joueur, je trouve le tout joli, et notamment les quelques gros plans qui sont bien sentis et renforce le côté ‘conte’ du jeu. Le tout est emballé par une douce mélopée jamais trop intrusive, jamais répétitive. Les notes sont justes et les anciens thèmes très bien retravaillés. Un autre gros point fort du jeu !

Une enchanteresse conclusion

Une suite de deux jeux mythiques, en mettant de côté tout ce qui a été fait après. Un pari insensé qui a pourtant été relevé avec brio par toute l’équipe de Return to Monkey Island. Tout est logique, réfléchi et fignolé. On sent la passion et le talent de toutes les équipes. En vrai je ne vois pas de point négatif sur la structure ou la technique du jeu. Alors à moins d’être allergique au style graphique ou à l’humour acerbe et absurde, je vous recommande vivement cet épisode des aventures de Guybrush, et je vous conseille de savourer cette aventure comme elle est, une petite touche de nostalgie dans un média bien trop calibré à notre époque actuelle…

Note : 8/10 (test réalisé par X_Daarken)

Return to Monkey Island, le test

Return to Monkey Island, un jeu qui donne la banane ?
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