Il y a quelques mois, j’ai eu la chance d’être invité à la MasterClass de Michel Ancel. La semaine dernière, la MasterClass était de retour, et ce fut au tour de Peter Molyneux d’en dévoiler un peu plus sur sa vie.

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Il faut savoir que c’est la première fois après 5 éditions que la Cité des Sciences, Orange et Jeux Vidéo Magazine accueillaient un interlocuteur non-francophone, ce qui a donné lieu à quelques soucis de traduction en début de séance, même si l’audience semblait plutôt bien comprendre l’anglais.

Peter est né en Angleterre le 5 mai 1959. Fils d’un couple de gérants de magasin de jouets, il avoue que ce rêve de gosse n’était pas forcément une bonne chose, car il ne recevait en cadeaux que les invendus, à savoir les jouets ratés ou ceux ayant des pièces manquantes… Plutôt frustrant au final ! 😉

Cela dit, c’est ce qui lui a permis d’avoir l’envie de créer ses propres jeux, avec des règles qu’il voulait définir. Le premier jeu vidéo dont il a entendu parler, c’était Pong ! Il a avoué qu’il avait volé dans le portefeuille de sa grand-mère à l’époque pour se procurer sa première Atari. Très vite, il a voulu la démonter pour bidouiller, mais n’a jamais réussi à la refaire fonctionner par la suite, mais la passion était née.

Son premier coup de coeur pour un jeu vidéo, fut pour Manic Miner. Un jeu difficile et répétitif, créant une réelle frustration, et donc une addiction. Je partage totalement cet avis, c’est un réel bonheur de s’acharner pour réussir un niveau (je vous en reparle dès demain avec le test de Trials Fusion 😉).

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Son premier jeu vidéo développé fut The Entrepreneur. Il s’agissait là d’une simulation de bourse et de création de société, un genre qui n’existait pas ou très peu. De là est né son audace légendaire, et il avait tellement peur que les livraisons de ses ventes peines à arriver, qu’il avait même appelé les services de livraisons locaux dans le but qu’ils renforcent leurs effectifs ! Résultats des courses : seulement DEUX exemplaires du jeu ont été vendus !! Il pense toujours que c’est sa mère qui les avait achetés… 😉

S’il est arrivé dans les jeux vidéo, c’est clairement par hasard. Commodore avait contacté la société Taurus (la sienne), mais ils avaient confondus avec Torus. Lors qu’on lui a proposer de lui livrer 6 consoles Amiga, M. Molyneux s’est bien garder de dévoiler la vérité sur son activité, lui qui vendait… des haricots blancs ! Évidemment, cela a sans doute été un tremplin, mais ça ne l’aurait pas forcément empêcher de devenir un grand des jeux vidéo.

Il n’est évidemment pas resté sur cet “échec”, et a par la suite été l’auteur de plein de jolies choses comme Populous, Theme Park, Black & White, ou encore Fable, et toujours avec de nombreuses péripéties. Il est clairement devenu une référence en la matière de “God Game”, jeux dans lesquels on incarne une divinité avec pour but de contrôler le monde où on se trouve, souvent avec la possibilité de choisir entre bien ou mal.

Rarement satisfait de ce qu’il faisait, il a tout connu entre les succès, projets râtés, rachats ou création d’entreprises. Il a vécu comme il aimait jouer, avec le goût du risque ! Je vous invite à en lire plus sur sa page Wikipedia.

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Un de ses conseils aura été de ne jamais laisser la réalité ratrapper le jeu vidéo. Ce qui compte, c’est que cela soit réaliste pour le gameplay, mais pas en comparaison de la vraie vie.

Peter a d’ailleurs su nous livrer de très intéressantes anecdotes sur son parcours :

– C’est un développeur, mais il a toujours été mauvais, ne sachant même pas déplacer un personnage dans un univers.
– Après une soirée trop arrosée, il a effacé tout le code du jeu Powermonger réalisé en 3 mois (écrit en C) avant de recoder en assembleur. Il dit que c’était la “pire idée du monde”.
– Il organisait parfois des soirées, et confectionnait souvent deux sauces chili. Une classique et une avec un “special ingredient” (de la drogue). Un jour, un responsable d’EA y a goûté, il a terminé emballé dans du papier d’aluminum au fond de son jardin !
– Pour expliquer d’où venait le nom de sa société Lionhead, il raconta que cela venait de son hamster. Quand il a voulu le présenter, ce dernier était déjà mort !
– Avant d’avoir des locaux pour cette même société, le caniche de sa femme de ménage a réussi à faire transpirer et mettre dans une situation très embarrassante le boss de SEGA. La bête a confondu la jambe du géant japonais avec une petite chienne sur laquelle il s’est “terminé” !
– Un jour, il voulait inviter une fille (devenu sa femme depuis) chez lui pour lui montrer ses jeux vidéo, et il l’a fait jouer à Fable. La vraie raison était de coucher avec, mais étant donné la difficulté du jeu, il s’est tout de suite dit que Fable II devrait être plus accessible pour arriver plus facilement à ses fins 😉

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Pendant longtemps, Peter Molyneux a été considéré comme un “escroc” dans le monde des jeux vidéo, mais il l’avoue lui-même, il est “juste” très mauvais en relation presse, et il a (peut-être un peu trop) souvent survendu ses idées de projets, avant même de réaliser leur faisabilité. On peut difficilement lui en vouloir pour ça 😉

Merci à Orange et Jeux Vidéo Magazine ayant permis le déroulement de cette nouvelle MasterClass, et aussi merci à Peter Molyneux d’être venu pour le fun, et pas forcément dans le cadre d’une promo.

[COMPTE-RENDU] MasterClass avec Peter Molyneux
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2 avis sur « [COMPTE-RENDU] MasterClass avec Peter Molyneux »

  • 28 avril 2014 à 18 h 12 min
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    C’est génial qu’il se soit déplacé en France 😀 C’est toujours lui derrière le prochain Fable Legends ?

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