La semaine dernière, j’ai eu la chance d’être invité à une MasterClass avec la présence exceptionnelle de Michel Ancel, et c’était tout simplement hyper intéressant.

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C’est dans une salle de cinéma de la cité des sciences et de l’industrie que 500 chanceux avaient pu s’installer afin de suivre cette MasterClass, animée par Olivier Bal (le rédac chef de Jeux Vidéo Magazine). Mais d’ailleurs, c’est quoi au juste une MasterClass ? Il s’agit d’une sorte d’interview animée, dans laquelle on découvre la vie et le parcours de l’invité, suivi d’une séance de questions / réponses avec la salle.

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Michel Ancel, si ce nom ne vous dit rien, n’est autre qu’un élément important de chez Ubisoft car il est surtout le “papa” de Rayman. Et oui, c’est lui qui a créé ce personnage emblématique sans bras ni jambes. Lors de sa plus jeune enfance, il a d’abord vécu en Tunisie, pays dans lequel sa passion pour les jeux vidéo est née, notamment grâce au jeu Plaque Attack, sorti en 1983 sur Attari 2600, dans lequel le joueur incarne un tube de dentifrice (oui oui !) qui se doit de protéger les rangées de dents, situées en haut et en bas de l’écran, des attaques des différents aliments.

En bidouilant les consoles qu’il avait pu avoir, il se rendit compte qu’en éteignant, puis rallumant très vite une console de jeu, la mémoire n’avait pas le temps de se vider totalement, ce qui créait des bugs en effaçant par exemple certains murs, ce qui donnait une vision différente du jeu. C’est avec cette prise de conscience que l’envie de créer des jeux vidéo lui vint à l’esprit.

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Son premier jeu développé en solo fut The Teller, sorte de jeu de rythme musical, mais le succès qu’on lui connait est venu avec Rayman en 1995, notamment sorti sur Playstation, Saturn et Jaguar. Une des raisons pour laquelle Rayman ne possède pas de membres, c’est surtout parce qu’à’à l’époque, il était encore compliqué de réaliser des animations sur les bras et les jambes ! Finalement, c’est un peu comme Mario qui a débuté sa carrière avec une casquette, pour éviter d’avoir à modéliser les cheveux 😉

Avec le succès du premier Rayman en 2D, des moyens consiédérables avaient été mis en place pour développer un nouveau jeu, du nom de Tonic Trouble sur Nintendo 64, mais l’équipe de plus de 100 personnes rendant le projet un peu trop industriel a quelque peu fait fuire Michel, qui a progressivement délaissé l’équipe pour principalement sur se concentrer sur le passage en 3D et donner une suite à Rayman, en se basant sur un jeu qui a totalement révolutionné le genre avec Super Mario 64, entre-autre grâce à l’arrivée d’un stick 3D sur le pad, un avis que je partage totalement.

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Plus tard, il travaillera sur 2 projets totalement différents. Le premier étant Beyond Good & Evil en 2003, avec un univers bien à lui, dans lequel vous incarnez Jade, héroïne mais surtout journaliste reporter avec son fidèle compagnon Pey’j, qui n’est autre qu’un cochon. Ce jeu n’a pas eu le succès désiré, même la communauté de joueurs a su apprécié cette petite pépite, qui a vu sa réédition HD il y a quelques mois. D’ailleurs, même si ce n’est pas vraiment officiel, son équipe a déjà travaillé sur une suite de manière irrégulière depuis 2007, et j’espère sincèrement qu’elle verra vraiment le jour.

L’autre gros projet fut 2 ans plus tard, en 2005 lorsqu’il du réaliser Peter Jackson’s King Kong, en parallèle du film, pour le grand et renommé Peter Jackson qui avait contacté Michel ayant adoré BGE (comme quoi ;)), qu’il demanda même de se faire dédicacer lors de leur première rencontre ! Ce projet lui permis d’appréhender ce qu’était la réalisation de gros projets via l’univers du cinéma, avec une toute autre approche.

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Depuis, Michel est revenu travailler sur son héros favori, via les Lapins Crétins sorti avec la Wii en 2006, “méchants” débiles qu’on a bouffé à toutes les sauces dans un nombre incalculable de mini-jeux. D’ailleurs, il n’a travaillé que sur les deux premiers épisodes, car il préfère toujours partir d’une feuille la plus blanche possible lors de la création d’un jeu, et évite de tomber bêtement dans les suites faciles.

Mais c’est surtout en 2011 qu’un retour aux sources sera fait grâce à Rayman Origins, revenu au gameplay traditionnel en 2D (et mon jeu de l’année 2011 d’ailleurs ;)), mais aussi récemment avec Rayman Legends, utilisant le même moteur retravaillé, que j’ai pris plaisir à relancer en rentrant de la MasterClass !

En dehors d’avoir plein de petites anecdotes très sympathiques sur son parcours, c’est surtout un homme libéré que j’ai découvert lors de cette Master Class. Très ouvert d’esprit, il cherche nettement plus à procurer des expériences originales via ses jeux, plutôt qu’à générer du profit (Scoop ! Il ne sortira jamais un jeu de type Candy Crush ! ;)) qui font que j’apprécie ce genre de personnalité. Un bel exemple pour le jeu vidéo français, qui lui a valu d’obtenir la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres en 2006, en même temps que 2 autres noms bien connus : Shigeru Miyamoto et Frédérick Raynal.

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J’étais donc tout fier de faire mon fanboy en fin de séance, en lui demandant un petit autographe, ainsi qu’un dessin personnalisé sur ma boîte de Rayman Legends ! 🙂

Merci à Orange et Jeux Vidéo Magazine ayant permis le déroulement de cette MasterClass, mais surtout un grand merci à Michel Ancel, pour l’ensemble de sa carrière !

[COMPTE-RENDU] MasterClass avec Michel Ancel
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